4. Littératures d’enfance et de jeunesse Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Envoyer à un ami Imprimer

Les littératures d’enfance et de jeunesse, longtemps négligées dans l’enseignement et la recherche universitaires, ouvrent de plus en plus clairement à des recherches qui vont bien au-delà du domaine de la littérature et à des formations utiles aux métiers du futur : création des supports nouveaux de l’éducation et de la culture, métiers du livre et du multimédia, communication, publicité. Elles concernent l’avenir de la société dans ses rapports à la mondialisation. Dans les pays développés, la vente du livre pour l’enfance et la jeunesse représente plus de 15 % de l’ensemble du marché du livre et est en augmentation régulière, sans parler des succès économiques et commerciaux sans précédent des produits dérivés destinés aux enfants (objets ludiques, espaces de divertissement, jeux vidéos, vêtements). La littérature de jeunesse dépasse les frontières où on a essayé de la fixer : certaines œuvres pour adultes n’ont connu de véritable audience internationale qu’à la suite de l’intérêt qu’elles ont suscité auprès de la jeunesse (Le Seigneur des anneaux, Harry Potter, etc.). C’est dire que la culture pour l’enfance et la jeunesse est dans le monde actuel un enjeu essentiel, non seulement culturel et ludique mais aussi socio-économique, psychologique et civilisationnel.

Dans une perspective comparatiste, cette problématique de recherche associe les disciplines liées au livre, au multimédia, analysant des œuvres faisant appel aussi bien au texte qu’à l’image et au son (parole, musique). Une de ses ambitions est de solliciter, avec pour fil conducteur les objets culturels de l’enfance, une large interdisciplinarité faisant appel à des spécialistes de multiples domaines : sociolinguistes, historiens du livre, économistes, chercheurs dans le domaine de l’image, anthropologues, sociologues, psychanalystes, spécialistes du domaine des cultures et civilisations, des sciences de l’éducation et de la pédagogie.

Les chantiers à ouvrir dans le cadre de ce projet pourraient concerner entre autres :

- le conte, les littératures orales, la néo-oralité, l’oralité contemporaine au Sud, la réécriture littéraire de l’oralité ;

- les territoires de l’imaginaire des enfants victimes de situations extrêmes, malheureusement très nombreux dans les Suds : enrôlés dans les guerres tribales, vivant dans des camps de réfugiés, confrontés au génocide ou au nettoyage ethnique... Comment décrire leur imaginaire déconstruit ? Comment participer à sa reconstruction ? Quel rôle peut jouer la littérature ?

- les mutations qui s’opèrent dans l’écriture (aussi bien des textes destinés au jeune public que de ceux qu’il élabore lui-même) au contact du patrimoine oral, mais aussi des écrits nouveaux auxquels il est de plus en plus habitué : ceux des textes dans l’Internet, les « chats », SMS, spots publicitaires, etc. ;

- les processus et l’impact des littératures perçues par le jeune lecteur, tant celles de langues maternelles que celles de langue française transmises par la fréquentation de l’école (du point de vue de la réception, peu explorée dans ce domaine, et à la lumière des différentes disciplines signalées) ;

- la réalisation d’outils pratiques qui manquent encore plus dans la littérature d’enfance et de jeunesse que dans la littérature générale : dictionnaire des œuvres, anthologie, base de données thématiques, revues, sites spécifiques de recherche…

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